Faire du libre choix une réalité, au-delà des chiffres
Le maintien d’un droit effectif de choisir son praticien demande autre chose que des mesures administratives. Il faut renouer avec une politique de santé fondée sur l’écoute, la subsidiarité, la confiance et la responsabilité partagée. Nous ne plaidons pas pour l’égalité arithmétique, mais pour la garantie d’un « minimum décent » : chaque citoyen, où qu’il vive, doit pouvoir rencontrer un soignant compétent et choisir, dans la mesure du possible, celui qui l’accompagnera dans la durée.
Certains territoires innovent : en Dordogne, un réseau local de généralistes s’est constitué pour « se prêter main forte » sur les plages de vacances, préservant l’idée d’un choix possible même temporaire. En Bretagne, des dispositifs de « médecins volants » permettent d’assurer une continuité qui ne soit pas réduite à la simple juxtaposition de passages ponctuels. Ces initiatives, si elles restent isolées, démontrent la vitalité et la créativité des soignants de terrain lorsqu’on leur fait confiance.
Le débat sur le libre choix est indissociable de celui sur l’organisation du système de santé. Il ne se satisfera pas de réponses techniques, mais d’une véritable volonté politique et collective, soutenue par l’écoute attentive des besoins de la population et des professionnels. Nos patients attendent plus qu’une simple possibilité de rendez-vous : ils attendent qu’on respecte leur liberté, leur singularité et leur dignité.
Pour redonner sens au soin en liberté, il faudra plus que des incantations. Il faudra un engagement partagé : celui des patients, des soignants, des élus, et de toute la société.